Beaucoup d'installations extérieures encore en service aujourd'hui ne seraient plus conformes si elles étaient posées demain. L'arrêté du 27 décembre 2018 a changé les règles du jeu : orientation du flux, température de couleur, densité de lumière installée, horaires. Voici ce qu'il faut vérifier avant de chiffrer un projet extérieur.
Le principe : on n'éclaire que ce qu'on veut éclairer
Le texte encadre la prévention, la réduction et la limitation des nuisances lumineuses. Il couvre une large gamme d'installations : éclairage extérieur destiné à la sécurité des déplacements, mise en lumière du patrimoine et des paysages, équipements sportifs extérieurs, éclairage intérieur de locaux non résidentiels émis vers l'extérieur, façades et vitrines, parkings découverts ou semi-couverts, événements temporaires et chantiers.
Trois familles d'exigences en découlent : la direction du flux, sa quantité, sa couleur — auxquelles s'ajoutent des règles horaires.
1. La direction : en finir avec la lumière perdue vers le ciel
La proportion de flux émis au-dessus de l'horizontale est plafonnée. Pour les luminaires mis sur le marché, la valeur attendue est de l'ordre de 1 % au plus ; pour les installations, le seuil est de l'ordre de 4 %, avec des dispositions particulières pour les appareils orientables.
Conséquence directe : les boules lumineuses et globes diffusants, qui envoient plus de la moitié de leur flux vers le haut, sont sortis du jeu — leur remplacement était attendu à échéance 2025. Si vous voyez encore ce type d'appareil sur un parking privé ou une résidence, c'est une affaire de renouvellement identifiée.
2. La quantité : la densité surfacique de flux
Le texte plafonne le flux lumineux installé rapporté à la surface éclairée, avec des valeurs plus strictes hors agglomération que dans les zones denses. C'est une contrainte de conception, pas de produit : on ne la respecte pas en changeant de luminaire, on la respecte en calculant l'implantation.
Là encore, une étude d'éclairement est la seule pièce qui permette de démontrer la conformité — et de la démontrer avant les travaux plutôt qu'après.
3. La couleur : 3 000 K comme plafond général
- 3 000 K au maximum pour une installation d'éclairage extérieur en règle générale ;
- 2 700 K dans les espaces naturels protégés et à proximité des sites d'observation astronomique ;
- 2 400 K dans les zones les plus sensibles, cœurs de parcs nationaux et réserves naturelles.
C'est un point à vérifier systématiquement : une gamme extérieure proposée en 4 000 K par défaut, très courante il y a quelques années, ne convient plus pour la plupart des applications visées.
4. Les horaires : éclairer quand il y a quelqu'un
Le principe général est simple : l'éclairage s'éteint peu après la fin de l'activité et se rallume peu avant sa reprise. Vitrines de commerce, façades, éclairage intérieur émis vers l'extérieur, parkings, chantiers et équipements sportifs extérieurs relèvent chacun de règles horaires propres, avec des extinctions en fin de soirée ou en fin d'occupation.
L'éclairage public de voirie fait l'objet d'un traitement particulier : les collectivités conservent la maîtrise de leurs horaires pour des raisons de sécurité locale.
En pratique, cela déplace la question du luminaire vers la commande. Une horloge astronomique, une détection de présence sur un parking, un abaissement automatique en cœur de nuit ne sont plus des options de confort : ce sont les dispositifs qui rendent l'installation conforme. Et ils se paramètrent, se mesurent et se corrigent depuis une plateforme comme iZy Connect.
Ce que ça change pour un distributeur ou un installateur
- Un projecteur seul ne suffit plus à répondre : la réponse comprend l'optique, l'orientation, la température de couleur et le mode de commande.
- Les affaires de renouvellement sont identifiables à l'œil : boules lumineuses, projecteurs inclinés vers le haut, éclairage de façade allumé toute la nuit, parkings éclairés à pleine puissance à 3 h du matin.
- La conformité est un argument commercial auprès des collectivités, des bailleurs et des exploitants de sites — et un motif de refus de réception si elle est ignorée.
Notre gamme extérieure couvre ces contraintes : streetlights, projecteurs, bornes et appliques extérieures dans l'univers extérieur.
Questions fréquentes
Une installation existante doit-elle être mise en conformité ?
Les installations nouvelles sont soumises au texte depuis le 1er janvier 2020. Pour l'existant, la mise en conformité suit un calendrier échelonné, avec des échéances qui visent en particulier les appareils émettant fortement vers le ciel.
Peut-on encore poser du 4 000 K en extérieur ?
Pour les installations visées par l'arrêté, le plafond général est de 3 000 K, abaissé dans les zones sensibles. Certaines applications intérieures dont la lumière est émise vers l'extérieur relèvent de dispositions distinctes : vérifiez la catégorie exacte de l'installation avant de retenir une teinte.
Les équipements sportifs sont-ils concernés ?
Oui, les équipements sportifs extérieurs ou couvrables figurent parmi les catégories visées, avec des règles d'extinction après la fin d'utilisation. Les exigences de la NF EN 12193 sur les niveaux d'éclairement restent applicables par ailleurs.
Qui contrôle et que risque-t-on ?
Le contrôle relève des autorités compétentes en matière de police de l'environnement, avec des pouvoirs de mise en demeure. Au-delà du risque de sanction, la non-conformité est surtout un motif de contestation en réception de chantier.
Un projet extérieur à sécuriser ? Nous vérifions la conformité de l'implantation, de la teinte et de la commande avant le chiffrage.
Sources : arrêté du 27 décembre 2018 relatif à la prévention, à la réduction et à la limitation des nuisances lumineuses ; arrêté modificatif du 24 décembre 2019 ; publications du Syndicat de l'éclairage. Les valeurs citées sont des ordres de grandeur destinés à orienter la conception : se reporter au texte pour l'exigence applicable à une installation donnée. Information générale, ne constitue pas un conseil réglementaire.